Depuis le 28 juin 2025, l'European Accessibility Act est applicable dans toute l'Union européenne, Belgique comprise. Concrètement : les sites e-commerce, les services bancaires, les plateformes de réservation, de transport et de nombreux services numériques destinés au grand public doivent être utilisables par les personnes en situation de handicap. Ce n'est plus une bonne pratique, c'est une obligation, assortie de contrôles et de sanctions.
Mais réduire l'accessibilité à une contrainte réglementaire serait passer à côté de l'essentiel : un site accessible est un site plus clair, plus rapide, mieux référencé et utilisable par tout le monde.
De qui parle-t-on exactement ?
En Belgique, environ une personne sur six vit avec une forme de handicap. Mais l'accessibilité concerne bien plus de monde : la personne âgée qui augmente la taille du texte, celle qui consulte son téléphone en plein soleil, celle qui a une main occupée, celle dont la connexion est mauvaise, ou simplement celle qui est fatiguée. Concevoir pour les cas difficiles, c'est améliorer l'expérience de tous.
Ce que demandent les normes
La référence est la norme européenne EN 301 549, qui s'appuie sur les WCAG 2.1 niveau AA. Les points les plus fréquemment en défaut :
- Contrastes insuffisants — un texte gris clair sur fond blanc est le défaut numéro un. Le rapport minimal est de 4,5:1 pour un texte courant.
- Navigation au clavier impossible — menus, formulaires et fenêtres modales doivent être utilisables sans souris, avec un indicateur de focus visible.
- Images sans alternative textuelle — ou avec un « alt » automatique qui ne décrit rien.
- Formulaires mal étiquetés — champs sans label associé, erreurs signalées uniquement par une couleur rouge.
- Structure de titres incohérente — des h1 à h6 utilisés pour leur taille et non pour leur hiérarchie, ce qui rend la lecture au lecteur d'écran incompréhensible.
- Vidéos sans sous-titres et animations impossibles à mettre en pause.
Les bénéfices que l'on n'attendait pas
Un meilleur référencement
Structure sémantique propre, textes alternatifs, titres hiérarchisés, performance : ce que demande l'accessibilité recoupe très largement ce que Google valorise. Les deux chantiers se financent l'un l'autre.
Plus de conversions
Un formulaire dont les erreurs sont explicites, des boutons au libellé clair, des contrastes lisibles sur mobile : ces corrections profitent d'abord aux utilisateurs valides pressés. C'est du taux de conversion, pas de la charité.
Une image d'entreprise cohérente
Pour les marchés publics et les grands donneurs d'ordre, l'accessibilité est de plus en plus un critère d'attribution. Ne pas être conforme, c'est se fermer des portes commerciales.
Par où commencer
Un audit sérieux combine outils automatisés — qui détectent environ un tiers des problèmes — et tests manuels au clavier et au lecteur d'écran. Il en ressort une liste de correctifs classés par gravité : contrastes et navigation clavier d'abord, ils représentent souvent la moitié des non-conformités pour un coût de correction modeste.
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